La pleine conscience : être ici, simplement
Pleine conscience : vivre l’instant présent pour réduire stress et anxiété
Aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’une pratique que je propose parfois en complément dans le cadre thérapeutique : la pleine conscience, ou mindfulness.
Qu’est-ce que la pleine conscience ?
La pleine conscience, c’est la capacité à être attentif à l’instant présent, à observer ce qui se passe en soi – pensées, sensations corporelles, émotions – sans jugement, sans vouloir que ce soit autrement. C’est une forme d’entraînement mental, une posture intérieure de présence.
On n’essaie pas de “faire le vide” ou de se changer : on apprend à se rendre disponible à ce qui est déjà là, avec bienveillance. Et cela change beaucoup de choses.
Ce que montre la science :
– Des recherches ont montré que cette pratique, même modérée (10 à 20 minutes par jour), peut réduire l’anxiété, améliorer la qualité du sommeil, diminuer les ruminations, et renforcer la sensation de calme intérieur.
– Certaines zones du cerveau se modifient positivement avec une pratique régulière : notamment l’amygdale (impliquée dans la réponse au stress), le cortex préfrontal (régulation des émotions) et l’hippocampe (mémoire et apprentissage).
Références scientifiques :
Goyal M. et al. (2014). Meditation Programs for Psychological Stress and Well-being. JAMA Intern Med, 174(3):357–368.
Lazar S. W. et al. (2005). Meditation experience is associated with increased cortical thickness. NeuroReport, 16(17):1893–1897.
La pleine conscience une démarche laïque, issue de traditions adaptée à la thérapie.
On associe souvent la pleine conscience à des traditions spirituelles orientales, et notamment au bouddhisme. C’est d’ailleurs ce qui a nourri l’itinéraire de Matthieu Ricard, docteur en génétique cellulaire devenu moine tibétain, aujourd’hui une figure centrale de la méditation en France.
Comme le dit Matthieu Ricard, il ne s’agit pas de fuir le monde ou de “se vider l’esprit”, mais de “cultiver une qualité d’être dans le présent”.
Mais la pleine conscience n’est pas une pratique religieuse. Elle est ici adaptée au soin, à l’accompagnement, avec une approche laïque, psychocorporelle et scientifique.
Ce qu’elle peut apporter dans un travail thérapeutique. Dans une thérapie, en particulier en sexologie, la pleine conscience peut :
- Réduire l’anxiété de performance, les anticipations négatives,
- Aider à revenir dans son corps, à ressentir au lieu d’analyser,
- Offrir un ancrage dans le présent, quand les pensées s’emballent,
- Mieux identifier les schémas récurrents : jugements envers soi, inquiétudes automatiques, évitements…
Les limites : ce que la pleine conscience ne fait pas
Ce n’est pas une thérapie à elle seule.
Elle n’a pas pour fonction de “soigner” un traumatisme, ni de remplacer un accompagnement psychothérapeutique.
Elle peut être très utile en complément, à certains moments, quand un terrain de sécurité est déjà posé. Mais seule, elle ne permet pas d’explorer ou de résoudre un vécu douloureux, un traumatisme non digéré, ou des schémas relationnels profonds.
Ce n’est pas non plus une technique miracle. Elle demande une pratique régulière, et parfois, elle peut même être inconfortable au départ (trop de pensées, émotions qui remontent…). C’est normal. Et c’est pour cela qu’on l’utilise dans un cadre sécurisé, adapté, et jamais de façon obligée.
En résumé
La pleine conscience est une invitation à ralentir, à ressentir, à observer, dans un cadre doux et respectueux.
Elle ne soigne pas tout, mais elle éclaire, elle calme, elle ouvre un espace intérieur où l’on peut commencer à mieux se rencontrer.
Si vous avez envie de découvrir cette pratique, ou si vous avez des questions, nous pourrons en parler ensemble et voir à quel moment cela peut faire sens dans votre parcours.






