Quand l’infidélité ne parle pas forcément d’un manque d’amour

Peut-on aimer et être infidèle ? Comprendre l’infidélité autrement

L’infidélité est un des sujets les plus universels et les plus bouleversants en consultation de sexologie. Elle ébranle, fissure, interroge tout ce que l’on croyait solide dans l’amour.

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Mieux comprendre l’infidélité

Dans mon cabinet, j’entends souvent cette phrase, prononcée avec honte et confusion :
« Je l’aime… et pourtant je l’ai trompé. »
Et en écho, celle du partenaire blessé :
« Je ne comprends pas comment il/elle a pu faire ça. »

Ces mots contiennent une immense détresse. Et pourtant, ils révèlent aussi une vérité plus nuancée que ce que l’on imagine.

L’infidélité ne naît pas toujours d’un désamour. Elle peut parfois traduire un élan vers soi-même. Non pas forcément la recherche d’un autre partenaire, mais la quête d’une part de soi oubliée, étouffée par les rôles, la parentalité, la pression professionnelle, le poids des années.

La thérapeute Esther Perel l’exprime avec justesse :
« Quand on cherche un autre, ce n’est pas toujours un autre partenaire qu’on cherche, mais une autre version de soi-même. »
Cette perspective ne justifie pas la tromperie. Elle permet de la comprendre.

Car la découverte d’une infidélité constitue souvent un véritable traumatisme relationnel. Les travaux en psychologie du couple montrent qu’elle active des circuits neurobiologiques comparables à ceux du stress aigu : hypervigilance, ruminations, perte de sécurité émotionnelle (Gordon, Baucom & Snyder, 2004). La confiance est atteinte, parfois profondément.

Et pourtant, et c’est là que je veux vous rassurer, une crise n’est pas toujours la fin.
Certains couples, après la tempête, construisent une seconde histoire. Plus lucide. Plus consciente. Plus choisie. La recherche clinique en thérapie de couple montre que, lorsque l’événement est travaillé avec accompagnement, dialogue structuré et responsabilité assumée, il peut devenir un point de bascule vers une intimité plus authentique (Atkins et al., 2005).

Ce travail demande du courage. Du temps. De la parole vraie.
Il suppose d’accepter l’ambivalence humaine : pouvoir aimer et pourtant désirer ailleurs ; vouloir rester tout en ressentant un manque.

Dans cet espace de vérité, le couple peut renaître.
La fidélité n’est pas un carcan moral figé. Elle peut devenir un acte conscient. Être fidèle ne signifie pas seulement « ne pas tromper ». C’est oser dire ce qui vit en soi : ses désirs, ses frustrations, ses zones de doute. C’est accepter la transparence émotionnelle comme fondement du lien.

On passe alors d’une fidélité imposée par la peur de perdre à une fidélité choisie, nourrie par le dialogue et la liberté partagée.
Parfois, la crise devient un tremplin. Non pas parce que la souffrance serait nécessaire, mais parce qu’elle oblige à regarder en face ce qui s’était silencieusement éteint. L’amour n’est pas une donnée fixe ; il se redéfinit, se réajuste, se reformule au fil du temps.

En résumé :

L’infidélité n’est pas toujours le signe d’un désamour, mais parfois l’expression d’un écart intérieur.

Elle provoque une secousse profonde, mais peut ouvrir la voie à une relation plus consciente.

La fidélité devient alors un choix renouvelé, fondé sur la parole, la responsabilité et la vérité partagée.

Comprendre plutôt que juger. Écouter plutôt qu’accuser.

C’est ainsi que l’on réhabilite la complexité de l’être humain : capable d’aimer profondément… et pourtant de désirer ailleurs.

Références

Perel, E. (2018). Je t’aime, je te trompe. Repenser l’infidélité pour réinventer son couple. Paris : Éditions Robert Laffont.Collins, 2017.)
Gordon, K. C., Baucom, D. H., & Snyder, D. K. (2004). An integrative intervention for promoting recovery from extramarital affairs. Journal of Marital and Family Therapy, 30(2), 213–231.
Atkins, D. C., Eldridge, K. A., Baucom, D. H., & Christensen, A. (2005). Infidelity and behavioral couple therapy: Relationship outcomes over 5 years following therapy. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 73(1), 144–150. (Titre original : The State of Affairs: Rethinking Infidelity. New York : HarperN

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