Dysfonction érectile, quand l’exigence devient le moteur… puis l’obstacle
Dysfonction érectile : quand la peur bloque le corps
Prenons un exemple très fréquent en sexologie : Un homme consulte pour des troubles de l’érection.
Il est engagé, investi, volontaire, dans son histoire, une éducation marquée par l’exigence, la performance, le « il faut », le « tu peux mieux faire ».
Longtemps, cette exigence a été un moteur. Elle a permis de réussir, d’avancer, de tenir.
Mais derrière cette exigence, il y a toujours la même énergie sous-jacente : la peur de ne pas être à la hauteur.
Au début, cette peur stimule. Puis, avec le temps, elle épuise.
Le corps ne peut pas rester durablement en état d’alerte sans conséquence.
Progressivement, quelque chose se ferme :
- moins de sensations,
- moins de plaisir,
- moins de présence corporelle.
L’homme ne vit plus la sexualité comme une expérience sensorielle agréable, mais comme une épreuve à réussir. La peur est alors intimement liée à la réussite : “si ça marche, je suis rassuré ; si ça ne marche pas, je suis en danger”. Il est aisé de saisir que, lorsque l’organisme se perçoit en situation de menace, il mobilise ses forces pour fuir ou lutter et non pour s’abandonner à l’élan de l’intimité sexuelle.
D’autant plus que sur le plan neurophysiologique, l’érection nécessite exactement l’inverse : un état de sécurité, de relâchement, de connexion au corps.
Le système nerveux parasympathique (celui du repos, du plaisir, de l’ouverture) ne peut pas s’activer durablement quand la peur est aux commandes.
Tout le travail en sexologie consiste d’abord à reconnaître son propre mode de fonctionnement, à transformer en douceur les croyances qui l’organisent, puis à réapprendre, par des techniques corporelles, à revenir au corps avec confiance.







